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Rider Stories

Rider Stories: Maurice & Liesbeth - Perspectives on a city

Meet Maurice & Liesbeth – more commonly known by their surnames, as artist duo Scheltens & Abbenes. Partners in life, love, parenthood, and a lengthy list of co-authored creative projects, their longstanding association with Amsterdam now spans a number of decades. In that time, Maurice & Liesbeth have seen the city change dramatically – and they’ve evolved with it. But a recent move to a converted warehouse in Amsterdam-Noord – a quieter, less-developed part of town, just a short ride from the bustle of the city centre – has turned up fresh perspective on the place they call home.

Loin du cœur commercial d’Amsterdam, et avec pour toile de fond un paysage typiquement hollandais fait de champs, de digues et de rivières, la nouvelle maison de Maurice Scheltens et Liesbeth Abbenes est à la fois un refuge par rapport à l’effervescence de la vie urbaine - ainsi qu’un pont vers celle-ci.

Ayant vécu dans plusieurs endroits de la ville au fil des ans, le couple s'est d'abord installé à Amsterdam-Nord après la naissance de leur premier enfant : une période où les périphéries post-industrielles de la ville avaient commencé à attirer une vague de profils créatifs en quête de plus d'espace, de calme et de verdure. Après une période où ils ont vécu de l’autre côté de l'Ij, et installé un studio dans un entrepôt de pommes de terre reconverti, l'occasion s'est présentée de transformer un entrepôt désaffecté. Celui-ci est devenu l'espace de vie et de travail de leurs rêves, grâce à l'aide d'un architecte de confiance : le neveu de Liesbeth.

"Bien sûr, nos endroits préférés peuvent évoluer, mais dans l'ensemble, je suis attiré par tout ce qui est brut, inachevé ou non poli - les cafés pop-up, les restaurants ou les lieux de travail indépendants".

Mais Amsterdam n'a pas toujours été leur lieu de vie. L’histoire avec la ville a commencé lorsque Liesbeth s'y est installée pour la première fois en 1987, ce dont elle se rappelle comme une expérience intimidante, mais exaltante. "J'étais très jeune - 17 ans seulement - donc c'était un grand saut de vivre seule, de m'adapter à la ville. J’avais la sensation de vivre une grande aventure". À l'ère de l'analogique - bien avant l'époque des smartphones et des GPS - se promener en ville à vélo était une façon naturelle de découvrir ses joyaux cachés, mais ce n’était pas sans difficultés : "Je me souviens qu'à mon arrivée, j'ai fait du vélo avec cette carte géante, et je devais m'arrêter à chaque coin de rue pour savoir où j'étais. C'était une autre époque ! Mais assez vite, Amsterdam devient votre ville - votre maison".

En 1995, Maurice est arrivé dans la capitale néerlandaise. En repensant à cette époque, il se souvient d'un paysage où les projets de développement étaient moins tape-à-l'œil, plus bruts, les règles moins strictes et le sentiment de liberté plus fort. "Il me semble qu'on a perdu un certain caractère de cette époque", réfléchit-il. Aujourd'hui, Maurice cherche souvent l'inspiration dans les lieux qui évoquent les souvenirs de ce qu'a été Amsterdam : "Bien sûr, nos endroits préférés peuvent évoluer, mais dans l'ensemble, je suis attiré par tout ce qui est brut, inachevé ou non poli - les cafés pop-up, les restaurants ou les lieux de travail indépendants".

S'étant d'abord installés à Amsterdam pour poursuivre leurs propres pratiques créatives, le couple s'est rencontré pour la première fois lors d'un événement artistique - appelé à juste titre "Lost & Found". Leur relation s'étant épanouie, ils ont rapidement investi des studios séparés dans le même bâtiment, avant de s’installer peu après dans un espace de travail commun. "Nous avons découvert que la motivation qui sous-tendait notre travail était en grande partie similaire. Nous avions tous les deux des processus assez méticuleux, il était donc naturel d'avoir un partenaire... pour s'interroger mutuellement sur nos démarches. Je crois que nous n'aimons pas travailler seuls à l’inverse de beaucoup d'artistes !"

La combinaison de leurs compétences distinctes - l'expérience de Maurice dans la photographie de natures mortes, et les bases de Liesbeth dans l'art artisanal - a permis d'établir un style visuel unique et une méthodologie caractéristique, dont le point de départ consiste à étudier les objets de près à travers l'œil d'un appareil photo. Ces objets, aussi ordinaires soient-ils, deviennent des éléments de base abstraits pour construire d'éclatantes compositions photographiques. Le couple travaille également dans d'autres secteurs : parallèlement à un calendrier d’expositions impressionnant, ils collaborent régulièrement avec des designers, des éditeurs et des marques créatives de premier plan dans le monde entier (pensez à Adidas, The Gentlewoman, Hermès, le New York Times Magazine ou la Maison Martin Margiela).

"La différence est qu'ici les gens se voient encore. Les gens se regardent dans la rue. Il y a de l'espace pour tout le monde et un sentiment d'unité - ou peut-être qu’on peut dire qu’il y a moins d'anonymat ? C'est une ville, mais aussi un petit village".

Vu l'intérêt international envers leur travail, Maurice & Liesbeth ont parfois envisagé de déménager dans une autre métropole créative. Mais le style de vie décontracté d'Amsterdam, associé à son niveau de vie élevé, est toujours resté trop beau pour être laissé de côté. "Nous travaillons souvent avec des clients basés à Paris, Londres ou New York, et nous avons pensé à déménager dans l'une de ces villes, mais en fait, je suis très heureux qu'on ne l'ait pas fait", dit Maurice. « C’est un sentiment particulier de travailler avec des personnes créatives qui viennent de tous ces endroits, mais en le faisant ici derrière une digue à Amsterdam. Il y a une sorte de distance saine par rapport aux mondes de la mode et de la publicité avec lesquels nous travaillons".

"Je pense qu'Amsterdam est une ville de plaisir - de temps libre et de divertissement", ajoute Liesbeth. "Les Néerlandais disent souvent que Rotterdam est la ville du travail et qu'Amsterdam est la ville où les gens dépensent leur argent. Je suis sûre qu'il y a une meilleure façon de le dire, mais je suppose qu'il y a une part de vérité". Aux yeux de Liesbeth, le sentiment de communauté et de coexistence est ce qui distingue Amsterdam des pôles culturels plus grands : "La différence est qu'ici les gens se voient encore. Les gens se regardent dans la rue. Il y a de l'espace pour tout le monde et un sentiment d'unité - ou peut-être qu’on peut dire qu’il y a moins d'anonymat ? C'est une ville, mais aussi un petit village".

Pour Maurice, déménager en périphérie de la ville a également généré quelques surprises. "Ce que j'aime dans le fait de vivre et de travailler en dehors de la ville, et de faire des allers-retours à vélo depuis le centre, c'est que l'on regarde les choses différemment", explique-t-il. "Ce n'est pas différent de l'époque où nous sommes arrivés ici, où nous n'avions que quelques points de référence. On ne considère plus tout comme acquis. Le fait de déménager m'a permis de recommencer à regarder autour de moi - un peu comme si j'étais un touriste dans ma propre ville".

L'excitation de traverser la ville sur deux roues n'a pas non plus diminué pour Liesbeth. Sensible à la beauté sombre des rues d'Amsterdam lors des récents confinements, elle trouve aussi de la joie dans les connexions fugaces que les habitants d'Amsterdam vivent au cours de leurs trajets quotidiens : "Quand je traverse la ville à vélo, je suis vraiment dans l'instant. Je ne rêve pas, mais je regarde autour de moi. Je vois des choses étranges sur lesquelles je m'interroge ensuite, de nouveaux visages et des situations étranges. Les habitants d'Amsterdam aiment interagir les uns avec les autres, tout le temps, et je fais partie de ce système. Les choses arrivent et vous êtes là... à vivre le moment présent."

Malgré leur nostalgie de certains éléments du passé, l'histoire d'amour que Maurice & Liesbeth entretiennent avec Amsterdam est indéniable - et ils gardent espoir pour l'avenir d'autres vies urbaines. Au cours de leurs voyages, ils ont observé d'autres endroits qui suivent l'exemple d'Amsterdam en créant de meilleures infrastructures pour des déplacements à vélo plus sûrs, ce que Maurice décrit comme "toute une révolution". Mais dans le contexte local, Liesbeth nous rappelle que chacun a un rôle à jouer pour façonner nos horizons futurs, ainsi que pour retrouver l'authenticité. "Parce qu'au final, ce sont les habitants d'une ville qui font son atmosphère".

See their work here: Scheltens & Abbenes

In the series Rider Stories, we explore perspectives on living and working in cities and beyond through the eyes of our riders.

Words by George H. King

GEORGE H. KING is an Amsterdam-based writer and editor with a focus on art, culture and society. A previous Editor-in-Chief of Unseen Magazine, his writing has appeared in the likes of Yet Magazine, Foam Magazine and The British Journal of Photography.